Le genre de moment où en fait t'as tellement de trucs à dire qu'tu sais plu ce que tu penses, et qu'au final, t'es tellement dépassée par tes sentiments qu'tu arrives juste à pleurer. Où t'es tiraillée entre doute, espoir, envie et ras l'bol. Où tu sais pertinemment qu't'as lâché un truc pour autre chose d'encore plus compliqué et difficile. Là où c'est dur, c'est quand le doute est unilatéral. J'pourrais vous en écrire des pages et des pages parce que j'suis en colère contre moi et qu'dans ces moments là, j'me moque doucement de ce que j'ai fait et de ce à quoi j'ai cru. Puis à force d'avoir honte de ce que tu ressens, à force de te sentir conne d'aimer (oui, chez moi, ya pas le stade apprécier.), à force de donner sans compter et d'être prête à tout à tel point qu'tu donnes une image dégradante de toi-même, bah tu t'dis qu'ça en vaut ptètre pas la peine. Où tu comprends pas comment tu fais pour collectionner des histoires qui se ressemblent toujours, sur le fond. Mais où pourtant, même si tu commences à te méfier, tu cherches pas à fuir, et t'es prête à tout pour retrouver confiance. Sauf que tu t'fais embobiner trop vite, sauf que dès qu'tu t'sens un peu aimée, tu fonds et tu fonds jusqu'à ce que tu fondes définitivement; là, c'est ton point de non-retour. Et là, une fois cette barrière franchie, tu sais que quoi qu'il arrive, ça sera dur à gérer.
Je crois que tout le monde ne peut pas comprendre les filles comme moi (comme moi, comme Marie, comme Lou.); qui sont capables d'aimer de façon intègre, de croire spontanément en la beauté fondamentale de quelqu'un, d'avoir foi en une personne dès l'instant où on la regarde pour la première fois. Les gens se méprennent sur les personnes comme nous; vous devez croire que c'est du pipo. Mais vous vous plantez. Parce que même si au bout de deux jours, on pense qu'on vous aime, c'est qu'on voit en vous quelqu'un d'exceptionnel. Et vous voulez pas croire à ça, vous croyez qu'on débloque et qu'on ne dit ça que par besoin obsessionnel d'un retour d'amour. Vous vous plantez!
J'suis écoeurée, parce que j'croyais avoir rencontré quelqu'un d'hors normes, et je le pense toujours. J'suis tellement consciente de cette différence que j'suis prête à trop de choses. Trop dans le sens nuisible pour moi. Et ce serait bien que vous entendiez ce qu'on vous hurle en silence. Ce serait un luxe. Vous ne vous demandez pas si nous aussi, on pourrait, éventuellement, avoir des peurs paralysantes? Mais si vous ne vous posez pas la question c'est parce qu'on passe par dessus ces appréhensions, parce que les choses ne se construisent pas avec le passé, et qu'ya qu'en essayant qu'on peut arriver à quelque chose. J'repars dans des démonstrations impossibles, et j'peux vous assurer que j'ai de la matière.
Peut-être que j'ai cru très fort en tout ça, très fort en la différence, une nouvelle fois, peut-être que j'ai eu raison, peut-être pas. Peut-être que ma limite à moi, c'est d'être incapable de m'avouer vaincue face à quelqu'un que je veux garder près de moi. Parce que pour moi la difficulté n'est là que si on veut bien lui donner une place et la laisser exister. Et ce qui est facile n'est pas intéressant. J'ai dû avoir un problème avec ça étant gamine pour me démener à ce point, pour vouloir obstinément me prouver que la difficulté n'empêche rien. Voilà la réponse; je collectionnerai les histoires compliquées jusqu'à ce que je sois satisfaite, jusqu'à ce que je me sois prouvé concrètement que même si c'est dur, c'est possible. (tout est réalisable, avec la Matmut.)
J'voudrais bien être moins sensible, ça m'amuse pas d'être comme ça, mais j'ai beau essayer de me freiner, j'peux pas changer c'que j'suis. J'aimerais tellement que vous puissiez tous comprendre ça; chacun ressent les choses d'une façon extrêmement différente. Si telle chose ne touche pas telle personne, elle peut quand même bouleverser telle autre. Y a rien à comprendre, y a aucune raison, c'est juste la façon de ressentir qui ne se contrôle pas et qui définit, au final, ce qu'on est.
Voilà, moi j'suis ptètre trop intègre pour jouer comme ça avec ces choses là. J'ai pas été conçue pour avoir une vie facile, et je ferai tout pour ne jamais en avoir une, j'aurais bien trop peur de m'ennuyer. Alors j'ai aucune excuse à présenter, je prends les gens comme ils sont, et je les accueille au compte-goutte dans mon espace vital. Parce que je prends la "peine" de me donner entièrement. Et c'est ça que je regrette: c'est de ne pas être encore capable de choisir correctement ceux que je laisse entrer; jusque là, je n'ai choisi que ceux qui me faisaient du mal.
J'étais contente parce que là ça avait l'air d'être différent. Et puis moi aussi j'doute, parce qu'il y a mes sentiments en jeu. Et que je sais exactement l'énergie que ça va me demander.
J'étais prête à prendre le risque. Je le serai toujours. Parce que même si j'suis déçue ce soir, je sais très bien qu'j'avais au bout du fil quelqu'un de précieux. Et j'mets tellement d'énergie à trouver des gens comme ça que je suis incapable de me permettre de les perdre. Ca ressemblerait à un échec monumental, et pas simplement un échec qui salirait ma fierté.
J'suis pas capable d'accepter ça.
Mais l'avantage que j'ai, c'est que je suis intelligente. Que je persévère et que je sais ce que je veux. Que le prix ne m'importe pas. Il n'y a que le résultat qui compte.
Mais je me connais. Il faut nécessairement que je m'empêche de réfléchir. Sans le vouloir, je salirais définitivement ce que j'ai vécu. Et ce serait, malgré tout, dommage. Alors il va me falloir encore du courage pour accepter tout ça et surtout, pour répondre présente quoi qu'il arrive. Jusqu'au jour où les limites seront, une fois de plus, franchies. A ce moment là, je ne serai pas en faute, et je n'aurai pas à culpabiliser. J'aurai tout donné. Et on m'aura quand même laissé filer. Ca semble importer si peu pour tant de gens, de perdre ceux qu'ils adorent. Ca me frustre cette manie de tout mettre sur le compte de la fatalité. J'trouve ça profondément bête de se résigner et de se laisser aller à l'impuissance. Une impuissance factice. Mon seuil de tolérance est dépassé, je suis dépassée, le problème étant que c'est celui qui pour la première fois m'a rendue heureuse qui m'a percutée et révoltée à ce point. Ou alors j'ai un sérieux problème de tolérance.
Sur ce, travaillons sur la notion de BESOIN, et surtout mettons nous bien dans le crâne qu'il est RELATIF à chacun et que l'important n'est pas tant d'y répondre que la façon d'y répondre.
Conclusion: je vais m'efforcer de devenir quelqu'un de con et d'égoïste qui ne fait aucun effort. Et si j'y arrive pas, alors je serai condamnée à rester comme je suis et à être tout juste appréciée, et puis tant pis pour ceux qui auront raté leur train.
Parce que c'est pas que j'en ai marre des histoires foireuses, mais j'en ai ras la casquette d'être toujours aussi naïve malgré les putains de coups qu'on m'a fait en un temps admirablement court. Mais j'm'inquiète pas pour moi; je sais qu'pour l'instant, je supporte ce que je ne suis pas capable de supporter, mais un jour, ça paiera, et ce jour là, c'est moi qui aurai les cartes en main et qui ferai chier l'monde avec ce que je veux ou non. C'était mon instant ironie, c'est bon j'suis soulagée, j'vais pouvoir aller bosser.