J'aime pas dépendre de quelqu'un comme ça. J'aime pas que mes humeurs changent en fonction d'une seule et unique personne. J'aime pas avoir ce sentiment de ne pas exister, et de ne pas vivre. J'aime pas attendre, attendre, attendre. J'aime pas cette sensation de m'être vidée. J'aime pas tout ça. Parce que je sais ce que ça cache. Et ça me fait peur. J'voudrais qu'ce soit simple pour tout le monde. Je sais que j'ai au moins le mérite d'être courageuse. Mais j'voudrais que ça me travaille moins. J'voudrais qu'ça me tienne moins à coeur. J'VOUDRAIS. J'ai pas encore dû m'en prendre assez dans la gueule, j'dois avoir besoin d'autres bonnes claques pour comprendre. Pour arrêter d'm'écrire, d'me décrire, de me dire, de me dévoiler comme ça.
Je sais que mes rêves m'aident à penser et à savoir à quoi m'attendre. Sur quel pied danser. Heureusement qu'ils sont là eux. Même si j'en ai marre de toujours voir des femmes se faire trucider et qu'à chaque fois, c'est le même scénario: j'observe, j'suis à moins d'un mètre de la scène, j'hurle, je les entends hurler, je les vois martyrisées, et j'peux pas bouger. Jusqu'à tant que ce soit elles qui ne bougent plu. Et une fois toutes mortes, je me réveille.
Toujours pareil.
Annonciateur de changement, de bonne nouvelle.
Quelle bonne nouvelle m'attend?
J'suis paumée. J'sais pas c'qu'il faut que je sois, j'donne des conseils de merde que j'suis pas foutue d'appliquer moi-même, j'me lasse. J'sais pas, ya tellement de choses que je comprends pas. J'vais pas m'fabriquer d'la jalousie, j'vais pas m'fabriquer d'la décence, j'vais pas m'fabriquer ce que je suis pas pour vous convenir. J'suis comme ça, à prendre ou à laisser. Et à qui que ce soit, si ce marché là ne convient pas, qu'il parte. Mais vous n'imaginez pas à quel point j'suis sérieuse quand j'dis ça. Ok? J'en ai trop chié à vouloir garder près d'moi des gens qui, au final, sont quand même partis alors que j'm'évertuais à être ce qu'ils pouvaient le plus aimer. Nan, nan, plus jamais ça. Si je conviens pas à quelqu'un, prenez vos valoches et cassez-vous de ma vie. J'vous courrai pas après. Vous êtes libres, moi aussi, et c'est déjà un bon point.
Depuis un moment, je fais les choses à ma manière. J'demande des conseils, mais au final je n'écoute plu personne et je fais ce que je crois bon de faire, pas ce que les autres me conseillent. Jusque là, j'me démerde bien. Même si des fois je subis mes choix. J'suis plutôt satisfaite.
Des fois, j'en ai marre de passer pour la délurée de service. De passer des rires aux larmes. De pas savoir me contrôler, de pas savoir passer à autre chose quand un truc me prend la tête.
J'ai que des doutes depuis une semaine. Mais bordel moi aussi j'ai peur. Tellement peur. De pas savoir dans quoi je suis encore repartie. Dans quoi j'm'embarque. J'ai peur parce que j'me rends compte qu'à peine partie, j'ai déjà mal. J'aime pas douter, j'aime pas douter, j'ai horreur de ça. Et j'aime pas écouter mes peurs, et les taire me réussit mieux, au final. Avancer et vivre. Sans réfléchir. C'est ptètre ça, le remède.
Au fond, qu'est-ce que j'ai à perdre. J'y laisserai des plumes d'une manière ou d'une autre. J'suis déjà partie.
Au pire, elles repousseront, comme toutes les autres. Jusqu'à ce que j'en crève.


